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lundi 15 avril 2013

Bashing

n.m. - 2003, de l'anglais "to bash", cogner, tabasser.

Lynchage médiatique. 


L'express titre "Monsieur faible" et Le Point demande: "Pépère est-il à la hauteur?" La mode est donc au "Hollande bashing" comme on dit, une expression peut-être inventée par Franz-Olivier Giesbert en septembre 2012 : "Contre Hollande, c'est un procès en immobilisme qui est instruit aujourd'hui par la presse, y compris par les journaux de gauche".  

Alors, pourquoi parler de "bashing", et pourquoi maintenant? 

Après tout, la presse n'a pas été plus tendre avec Nicolas Sarkozy, sans qu'on parle pour autant de "bashing" - alors qu'on aurait pu. D'ailleurs, comme le montre assez bien un pas mauvais article de Télérama, le lynchage ou la critique des politiques par les médias ne datent pas d'hier : Léon Blum a été la cible de la presse antisémite sous Vichy, et on peut sans doute remonter à la loi de 1881 sur la liberté d'expression - la même qui interdit d'afficher - pour trouver les origines du "bashing". En fait, on pourrait même remonter encore plus loin, avec les fameuses caricatures de Louis-Philippe en forme de poire (1838). 



Le terme paraît donc un peu inapproprié: d'abord, parce que l'anglicisme laisse croire à une nouveauté, alors qu'il s'agit d'une tradition bien française. Ensuite, parce que le "bashing" a quelque chose d'exagéré, d'excessif ou d'injuste, alors qu'après tout, c'est plutôt le jeu dans une démocratie ou existe une presse libre. Est-ce qu'on préfèrerait vivre en Corée du Nord, où les médias se contentent de relayer la propagande du parti unique?  

Alors, peut-être que la "bashing" se réfère plus ou moins à la presse anglo-saxonne, assez réputée pour ses
"tabloïd" qui n'ont jamais la dent assez dure pour taper sur tout ce qui bouge, manière de dénoncer les "dérives" de la presse "normale" qui tomberait un peu dans les insultes gratuites dans le seul but de vendre plus de numéros - ce qui n'est pas à exclure.

Peut-être, aussi, que cette "réactualisation" du mot pour désigner ce qui n'est après tout que la "satire politique", vient du monde des jeux vidéos, où l'on pratique le "monster bashing" qui consiste à tuer le maximum d'ennemi dans le minimum de temps - bref, de faire un "shout them up".

Mais bien sûr, le terme "bashing" vient plus certainement du douloureux "french bashing" de la presse américaine, quand la France avait refusé de suivre les Etats-Unis dans la guerre en Irak. Du coup, à partir de mars 2003, la France et les français s'en prenaient plein les dents pour avoir manqué de reconnaissance envers les GI's qui avaient libéré le pays en 1945. Avec un épisode fameux: les frites avaient été débaptisées "french fries" pour prendre le nom de "freedom fries" (les frites de la liberté). On notera d'ailleurs que les américains, si sensibles au parjure et aux mensonges lorsqu'il s'agit de la sexualité d'un Président au cours du "Monicagate", n'ont pas l'air de condamner des mensonges bien plus dangereux, comme celui de Colin Powel qui a menti sur l'histoire d'armes de destruction massive présentes en Irak, pour lancer une guerre. Manifestement, le "french bashing" a d'ailleurs été réveillé en 2011, quand la France s'est à l'inverse engagée dans la guerre en Libye.      

C'est donc en souvenir, ou plutôt, à cause du traumatisme du "french bashing" que le lynchage médiatique est désormais désigné par cet anglicisme. Alors, si on trouve injuste la manière dont nous traitent les américains, on peut effectivement se demander si le "bashing" en général, n'a pas toujours quelque chose d'excessif.    

mardi 31 janvier 2012

Intervention de Nicolas Sarkozy: y a-t-il plusieurs vérité?

Que faut-il penser de l'intervention de Nicolas Sarkozy, dimanche 29 janvier?

Libération écrit en Une : « un président perdu », pendant que le Figaro parle de « mesures fortes pour relancer l’économie. » Apparemment, personne n'a vu le même film.

Alors, y a-t-il plusieurs vérités, comme l'admet le Président lui-même à la fin de son interview ?

La réponse dans la chronique "façon de penser":

En Podcast.


mardi 16 novembre 2010

Renomination

Renomination n.f. action de nommer derechef quelqu'un à un poste qu'il occupe déjà

Rendons tout d'abord justice à Christine Lagarde, éhontément accusée d'avoir commis une bourde en expliquant que le nouveau gouvernement était absolument révolutionnaire, étant donné que le principe d'une révolution est d'effectuer un tour complet à 360°. C'est d'une part tout-à-fait rigoureux (en tout cas pour ce qui concerne la définition de la révolution, celle de l'adjectif révolutionnaire dérivant uniquement d'une autre acception du substantif), et cela confirme d'autre part non sans un certain humour l'impression que tout le monde, sauf peut-être Christian Estrosi (dont on peut regretter qu'il ait échappé à la vague des renominations, cela étant, avec l'arrivée de Frédéric Lefebvre, ils vont quand même avoir encore des occasions de rigoler, au conseil des ministres) , a eue : exécuter un tour complet, c'est en définitive ne rien changer après avoir pendant le mouvement brassé un peu d'air. Christine Lagarde n'a donc pas sorti une énormité, elle s'est en fait ouvertement foutu de la gueule de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, ce qui compte-tenu de sa propre renomination est toutefois, il convient de le noter, la preuve d'une certaine ingratitude. Ou alors elle ne l'a pas fait exprès, mais il est raisonnable d'en douter.

La renomination, donc, est un affreux néologisme remis à la mode, en raison des conceptions sarkoziennes de la révolution qui ont conduit à reconduire François Fillon au poste de Premier Ministre, par la cohorte des observateurs de la vie politique. Oh, certes, cette abjection vocabulistique n'est pas si nouvelle, mais songez donc que pour 27900 références sur Google (pages en français) pour la dernière année, près de la moitié (13000) datent de moins d'une semaine. Voilà bien une preuve, s'il en fallait encore, que la richesse du vocabulaire des journaleux n'est désormais plus affaire que d'effets de mode.

lundi 8 novembre 2010

Premier-ministrable

adj.- 2010; de primus "premier" et minister "serviteur". Susceptible de devenir premier ministre.

Notons que l'adjectif "ministrable" existe déjà. Pourquoi pas "premier ministrable"? C'est sans doute qu'on qu'on a moins l'occasion de se poser la question de savoir: "mais qui est donc susceptible de devenir premier ministre?" D'abord, parce qu'on renouvelle moins souvent le premier ministre que les autres membres du gouvernement - c'est quand même le dernier fusible à faire sauter. Ensuite, parce que, comme son nom l'indique, il n'y a qu'un seul premier ministre, tandis qu'il y a un nombre indéfini de ministres et on peut même inventer des portefeuilles nouveaux comme "de l'immigration". Enfin, si beaucoup de gens peuvent bien être "ministrables", c'est que cela ne demande pas d'aptitudes particulières, apparemment. Lors d'un "remaniement", les uns et les autres s'échangent leurs portefeuilles, ce qui signifie bien qu'aucun n'avait de vocation particulière à exercer la fonction qui était la sienne.

Quant au Premier ministre, il est nommé par le Président de la République. Un Premier-ministrable est donc quelqu'un auquel on estime - "on" désignant les journaleux - que le Président de la République peut penser; quelqu'un dont le Président peut évoquer le nom, une fois; auquel il peut rêver en se rasant. Mais au fond, on découvre que si le Premier ministre est nommé par le Président, le premier-ministrable est quant à lui nommé par les journalistes. C'est celui dont ils veulent parler, qu'ils verraient bien à Matignon, sans avoir demandé son avis à personne. Et ce, jusqu'à ce qu'un autre soit évidemment nommé premier-ministre ou que personne ne le soit. En attendant, on a bien rigolé avec le premier-ministrable qui peut donc être n'importe qui,




mais vraiment, n'importe qui...

vendredi 3 septembre 2010

Roms: ONU soit qui mal y pense

On s'insurge volontiers lorsque des chefs d'Etats ignorent ou méprisent les décisions et résolutions de l'ONU. Lorsque "Doubeule You" attaque l'Irak contre l'avis du conseil de sécurité; lorsque Mahmoud Ahmadinejad déclare que les sanctions de l'ONU contre l'Iran et son programme nucléaire sont "bonnes pour la poubelle". Pourquoi? Parce qu'on a le sentiment, voire la juste conviction que l'ONU, quels que soient ses défauts, a le mérite d'exister en tant qu'institution internationale propre à assurer la paix ou du moins, le dialogue entre les différents pays. Quand on agit sous l'autorité et au nom de l'ONU, on est légitime. Pourquoi? Parce qu'il s'agit de l'assemblée des nations. Se conformer à résolution de l'ONU, c'est respecter la décision de cette assemblée dont on fait soi-même partie - en tant que pays.

L'attitude donc, qui consiste pour un pays ou un chef d'Etat à agir en ignorant ou en exprimant son mépris à l'égard de cette institution, nous paraît rétrograde. C'est un peu comme si un hors-la-loi prétendait qu'il désobéit à la loi pour la simple raison qu'il ne reconnaît pas son autorité et sa légitimité. Pourtant c'est mieux que rien. Avant l'existence d'institutions et d'instances internationales, chaque Etat, chaque pays était maître de ses décisions et de sa politique, aussi bien intérieure qu'extérieure. Si on n'était pas d'accord avec le sort que la loi d'un pays réservait aux femmes ou aux enfants, on ne pouvait que le regretter. Et si l'on était contre l'invasion d'un Etat par un autre, on n'avait d'autre moyen que la force militaire pour l'empêcher. Pourquoi? Parce qu'aucune voix ou autorité située au-dessus des différents Etats n'existait pour dire ce qui était bon ou mauvais, juste ou injuste, pour tout le monde. Le grand tournant de l'Histoire est sans doute le procès des chefs nazis à Nüremberg. On s'est dit: "là, il y a quelque chose qui a été fait et qu'on ne peut accepter; qu'il faut se donner les moyens d'empêcher, parce que c'est mal pour tout homme, quel que soit son pays". En bref, on a découvert que le meilleur moyen d'empêcher les uns ou les autres de faire n'importe quoi, c'était de mettre en place une autorité située plus ou moins au-dessus des différents Etats.
Conséquences? les pays quis e prétendent plus ou moins démocratiques se doivent de reconnaître l'autorité et la justesse des décisions de l'ONU. Et ceux qui s'y refusent, comme l'Iran ou la Chine, peuvent paraître, aux yeux de nombreuses nations, comme s'excluant carrément de ce processus par lequel on tente d'instaurer la paix.

La République Française, membre du club très fermé du conseil de sécurité de l'ONU, a l'habitude de se référer à l'ONU comme à une institution repère de ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Ici, on juge de l'autoritarisme du régime Iranien à la mesure de son mépris de l'ONU - "bonnes pour la poubelle". En ce sens, un groupe du Sénat chargé de réfléchir sur le tibet déclare volontiers que l'une des mesures propres à améliorer la situation du peuple tibétain consisterait à "Contribuer à dégager une majorité à la Commission des droits de l'homme de l'ONU pour évoquer sérieusement la situation au Tibet." Là encore, on en appelle donc à l'ONU et on semble bien penser qu'elle est l'instance légitime, pertinente et efficace, lorsqu'il s'agit de faire changer la politique d'un pays- en l'occurence, la Chine.

Alors, comment ces responsables politiques, gouvernants français, etc. peuvent-ils dénoncer comme "caricatural" et "excessif" un rapport de l'ONU sur les discriminations de la France dans sa politique vis-à-vis des Roms? "Caricatural" ou "bon à jeter à la poubelle"; c'est pareil! On peut donc bien s'indigner du mépris ou de l'ignorance que certains chefs d'Etats manifestent à l'égard de l'ONU, on peut remarquer qu'on agit exactement de la même manière quand on est certain de son bon droit. Mais justement, l'ONU a été mis en place pour que l'idée de son bon droit ne soit plus abandonné aux chefs d'Etats, mais défini de manière majoritaire voire unanime, par tous les pays, en même temps. Ainsi, on remarque qu'il faudra encore faire beaucoup d'efforts pour que les pays reconnaissent le bien fondé du droit international propre à garantir la paix. Y compris en France, où l'on en vient facilement à avoir la conviction d'avoir raison contre tous, ni plus ni moins que le Président iranien. Que peut-on lui reprocher si on fait la même chose?

"La nature pousse les Etats...à sortir de de l'absence de loi propre aux sauvages pour entrer dans une Société des Nations dans laquelle chaque Etat, même le plus petit, pourrait attendre sa sécurité et ses droits, non de sa propre force ou de sa propre appréciation du droit, mais uniquement de cette Société des Nations, c'est-à-dire d'une force unie et de la décision légale de la volonté unifiée".


Emmanuel KANT, 1784.

dimanche 15 novembre 2009

Faucuterie

Faucuterie n.f. Tartuffisme (on entend aussi, plus rarement, fauculerie)

La faucuterie est le caractère de celui qui te fait croire qu'il est d'accord avec ce que tu dis, alors qu'en fait au mieux il s'en contrefout et au plus vraisemblable il pense exactement le contraire. Le fondement de son assentiment est factice. Il repose donc sur un faux-cul (plus classieusement appelé tournure).
La faucuterie trouve généralement sa source dans l'impression plus ou moins réfléchie qu'a le faux-cul qu'il pourrait tirer prestige, voire profit, de son allégeance simulée. Ainsi, certains esprits chagrins soupçonnent de façon parfois à peine couverte que Bernard Kouchner, lorsqu'il explique sereinement qu'il croit sans hésitation Notre Président lorsque celui-ci proclame sur Facebook qu'ayant senti tourner le vent de l'Histoire en se rasant le matin du 9 novembre 1989, il s'était téléporté illicco à Berlin pour être le premier à donner un coup de piolet dans le mur, fasse preuve de faucuterie. Mais ce ne sont là que racontars et calomnies.

mardi 3 novembre 2009

Nirvãter

V. intr. - 2 nov. 2009; contraction mal expliquée du sanskr. nirvana "extinction", et du lat. vadere "aller".

Prendre un rendez-vous chez le médecin après avoir été guéri d'un cancer, apparemment...

"Y a pas que le moment du diagnostic qu'est dur: quand on nirvãt et qu'on pense que tout va bien et qu'on attend le verdict..." (N. Sarkozy, discours sur le plan cancer II, Marseille, 2 novembre 2009, 28'54'').

Ainsi, si l'on prend un rendez-vous chez le médecin sans jamais avoir eu de cancer, on dira: "prendre rdv chez le médecin". Si on prend un rendez-vous chez le médecin alors qu'on est encore atteint d'un cancer, on dira: "prendre rdv chez le médecin", c'est-à-dire la même chose. En revanche, si l'on a été guéri d'un cancer, on dira: "nirvãter".

La conjugaison est mal connue. Sans doute est-elle de la forme: je nirvã, tu nirvãs, il nirvãt, etc. Surtout, on ignore pourquoi il faudrait dire autre chose que "prendre un rendez-vous chez le médecin pour la seule raison qu' a été guéri d'un cancer. L'origine étymologique sanskrit nous le révèle sans doute un petit peu: le nirvãna signifiant "l'extinction". Il s'agit sans doute de l'extinction de la maladie qu'on espère ne pas voir revenir. Et c'est sûrement ça, "qu'est dur"!

samedi 1 décembre 2007

Greunèl

Greunèl (ou Grenelle) : nm, XXIème s., Nicolas Sarkozy : Réunion où des gens parlent ensemble d'un même sujet.

berezinaDe même que Vieux Rouen désigne un genre de pot (ou d'assiette) et que Bérézina est couramment utilisé pour évoquer un échec (on se souviendra, ou pas, du disque de Sophie Marceau), greunèl est désormais le mot synonyme de négociation multipartite. Son origine réside comme chacun sait dans le lieu ou furent conclus des accords qui signèrent le début de la fin de mai 68. Depuis l'élection de l'actuel Président de la République, les greunèls (ou en tout cas les annonces de greunèls) se multiplient jusqu'à en donner le tournis. Après le greunèl de l'environnement, on annonce un greunèl de l'insertion, un greunèl de l'audiovisuel, un greunèl de la santé, un greunèl de la formation, un greunèl de à-quoi-sert-Brice-Hortefeux? (si on me demande, j'ai bien une idée de la réponse...) et un greunèl de mon cul sur la commode.

Si Nicolas Sarkozy n'est pas nécessairement l'initiateur de cette antonomase, force est de constater qu'il est indiscutablement le responsable de sa nouvelle popularité. Ce qui est amusant de la part de quelqu'un qui souhaite rompre avec l'héritage de 68. De fait, la banalisation à outrance du terme pour parler de tout et n'importe quoi conduira vraisemblablement à faire oublier l'origine du mot, et, par extension , l'existence même de l'année 1968.