lundi 19 août 2013

Best-selleuse

Best-selleuse  n.f.  Auteuse qui écrit des bouquins qui se vendent bien
 

Aimablement suggéré par un lecteur qu'on remercie bien bas, le mot best-selleuse est intéressant à plus d'un titre. Il réunit en effet à lui seul plusieurs attributs classiquement isolés du néologisme moderne.
 
C'est d'abord un anglicisme, francisé à l'instar de mots comme forwarder, checker ou lowcostisation par adjonction d'un suffixe bien franchouillard. Comme le féminisme vocabulistique est à la mode, on a également rajouté un e à la fin, comme dans auteure ou professeure. On notera, de manière intéressante, que si l'auteur s'est féminisé en auteure, la best-selleuse ne semble pas, pour le moment, avoir son pendant masculin best-selleur. N'en concluons pas pour autant qu'il n'y aurait que des femmes pour écrire des livres qui se vendent bien. Marc Lévy, Guillaume Musso ou encore Dan Brown sont malheureusement là pour nous le rappeler. Car ne nous méprenons pas. Si la best-selleuse écrit des bouquins qui se vendent, le mot best-seller désigne quant à lui exclusivement les ouvrages en  question, d'après le Robert. Si ces livres sont écrits par un homme on parlera d'un écrivain à succès, pas d'un best-selleur.
 
Best-selleuse n'est donc pas uniquement une féminisation d'anglicisme francisé par adjonction de suffixe, c'est également une habile métonymie, comme grenelle. Le mot donne une impression mitigée, il semble mi-péjoratif, mi-affectueux, dans la plupart de ses emplois. Du moins dans ses emplois récents, car si la paternité en revient, comme une rapide googlisation le laisse supposer, à Pierre Marcelle qui l'utilisait pour parler de Katherine Pancol dans un article de 1998, le côté affectueux semblait alors nettement moins marqué que le côté péjoratif : " [...] écrit avec des pieds [...] vain bavardage [...] exploite jusqu'à la corde les procédés du feuilleton à six sous appelé à faire pleurer Margot [...] vous pouvez rallumer la télé ­ c'est moins long et c'est moins cher [...] ". Bref, ça balançait sévère.
 

1 commentaire:

  1. En effet les hommes sont balèses pour inventer des mots qui rabaissent les femmes. C'est un peu de la mysogynie de base. Comme si vendre beaucoup de livre pour une femmme c'était "mal".

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