jeudi 20 mars 2014

Nouvelle adresse

Retrouvez-nous sur notre tout nouveau blog, pour un mélange de Dico et de Philo!

Avec encore plus de mots et d'humour, en' dans!

http://blog.letudiant.fr/gilles-vervisch/

mardi 20 août 2013

Le Dico sur le Mouv'

La diffusion continue jusqu'au premier septembre. On peut déjà réécouter de nombreuses définitions sur le site du Mouv' : http://www.lemouv.fr/evenement-le-dico-des-mots-qui-n-existent-pas

Quelques exemples :

lundi 19 août 2013

Best-selleuse

Best-selleuse  n.f.  Auteuse qui écrit des bouquins qui se vendent bien
 

Aimablement suggéré par un lecteur qu'on remercie bien bas, le mot best-selleuse est intéressant à plus d'un titre. Il réunit en effet à lui seul plusieurs attributs classiquement isolés du néologisme moderne.
 
C'est d'abord un anglicisme, francisé à l'instar de mots comme forwarder, checker ou lowcostisation par adjonction d'un suffixe bien franchouillard. Comme le féminisme vocabulistique est à la mode, on a également rajouté un e à la fin, comme dans auteure ou professeure. On notera, de manière intéressante, que si l'auteur s'est féminisé en auteure, la best-selleuse ne semble pas, pour le moment, avoir son pendant masculin best-selleur. N'en concluons pas pour autant qu'il n'y aurait que des femmes pour écrire des livres qui se vendent bien. Marc Lévy, Guillaume Musso ou encore Dan Brown sont malheureusement là pour nous le rappeler. Car ne nous méprenons pas. Si la best-selleuse écrit des bouquins qui se vendent, le mot best-seller désigne quant à lui exclusivement les ouvrages en  question, d'après le Robert. Si ces livres sont écrits par un homme on parlera d'un écrivain à succès, pas d'un best-selleur.
 
Best-selleuse n'est donc pas uniquement une féminisation d'anglicisme francisé par adjonction de suffixe, c'est également une habile métonymie, comme grenelle. Le mot donne une impression mitigée, il semble mi-péjoratif, mi-affectueux, dans la plupart de ses emplois. Du moins dans ses emplois récents, car si la paternité en revient, comme une rapide googlisation le laisse supposer, à Pierre Marcelle qui l'utilisait pour parler de Katherine Pancol dans un article de 1998, le côté affectueux semblait alors nettement moins marqué que le côté péjoratif : " [...] écrit avec des pieds [...] vain bavardage [...] exploite jusqu'à la corde les procédés du feuilleton à six sous appelé à faire pleurer Margot [...] vous pouvez rallumer la télé ­ c'est moins long et c'est moins cher [...] ". Bref, ça balançait sévère.
 

mardi 2 juillet 2013

Le Dico à la radio !

Ces dernières semaines, nous avons amoureusement remodelé et ciselé tout plein de définitions du Dico des mots qui n'existent pas, sur lesquelles Gilles a plaqué sa suave et malicieuse voix.

 
Le résultat est diffusé pendant tout l'été sur le Mouv', et on peut aussi le réécouter sur le site web de la radio : http://www.lemouv.fr/evenement-le-dico-des-mots-qui-n-existent-pas.
 
Pour la première livraison : "Re", "Aujourd'aujourd'hui", "Capillotracter", "Célibattante", "Consom'acteur" et "Dabiste".

lundi 17 juin 2013

Bobber

Le verbe bobber n'existe pas encore, d'autant plus qu'on l'utilise pour le moment assez peu. Mais il y a fort à parier que, sur ce dernier point, les choses devraient évoluer assez rapidement, du moins en Belgique.
 
Si les français savent à peine qui est Sam, celui qui, depuis 2005, peut raccompagner en voiture ses amis ivres morts étant donné qu'il n'a pas bu, les belges connaissent en revanche fort bien son grand frère Bob (ou sa jumelle Bobette) qui se charge sobrement de ramener à bon port ceux qui ont un peu trop forcé sur la Jupiler (parce qu'on ne fait pas guinze avec des bières spéciales) aux soirées chapiteau. Considérant toutefois que le succès de la campagne de Bob commence à s'essouffler quelque peu, l'Institut Belge de la Sécurité Routière a décidé récemment de lui redonner un petit coup de jeune en incitant les fêtards à bobber. Bobber, c'est penser dès le début de la soirée à désigner celui qui tournera au jus d'orange plutôt que d'attendre le troisième ou le quatrième verre pour se demander qui est le moins saoul et ferait bien d'arrêter là.
 
On peut se demander pourquoi bobber plutôt que bober.  Quelle est l'origine de ce superfétatoire dédoublement du B central ? La plupart des verbes courants se terminant en -ober ne prennent en effet qu'un unique B : dérober, englober, gober, lober, snober... Alors pourquoi ?
 
Un bobber est une moto qu'on a nettoyée d'un certain nombre de ses accessoires dans un souci d'esthétique minimaliste. Un genre de tuning inversé. C'est intéressant, mais on ne voit pas pourquoi l'IBSR aurait décidé dans son élan néologisateur de rendre hommage aux motocyclistes ascètes par ce B surnuméraire. On doit donc être tenté de penser que l'intention est d'éviter une possible confusion avec un éventuel verbe bober qui, lui ne prendrait qu'un unique et suffisant B. Point de trace pourtant dans le Robert, ni même dans le Littré, d'un tel verbe. Ce qui s'en rapproche le plus est chez celui-là le bobard et chez celui-ci la bobèche. On tient peut-être là un début d'explication, "bobèche" désignant chez Littré un niais ou un sot (ou, de nos jours, sans doute, un bolosse, mais de bolosse il n'y avait point à l'époque de Littré).  Si l'on fouille chez Godefroy, un autre lexicographe contemporain de Littré, on trouve tout de même trace du fameux verbe bober. Avec un seul B. Il signifie "tromper", "se jouer de". Le chef du service "néologismes" de l'IBSR ne devait sans doute pas l'ignorer, et ne souhaitait probablement pas que l'on put traiter un Bob de bolosse, et encore moins qu'on le put suspecter de duperie. Semble-t-il. C'est pourquoi, manifestement, il décida de doubler le B de bobber. Ou alors il a trouvé que c'était plus joli.

samedi 1 juin 2013

Le Dico à Rouen

Rencontre le samedi 8 juin, à partir de 15h30, à la libraire l'Armitière à Rouen.


Venez nombreux, entre deux visites de bateaux à l'Armada !

mercredi 29 mai 2013

Sexto

Sexto  n. m.  de "texto" : bref message écrit entre téléphones portables (Le Robert) et de "sexe" : sexe ; poulet* aux hormones.
 
Ce matin sur Le Mouv', alors que Thibaut de Saint Maurice évoquait les nouveaux mots du Robert à grand renfort de Benveniste et d'Aristote, Amaëlle Guiton se déclarait déçue que le mot sexto n'y ait pas fait son apparition. Qu'elle se rassure, le Dico des mots qui n'existent pas et qu'on utilise quand même est là pour combler le vide.
 
Un sexto est donc un SMS à caractère plus ou moins coquinou qu'on envoie à son(sa) che(è)r(e) et tendre(pas besoin de parenthèse ici, ouf) pour l'émoustiller un peu, un genre de billet doux numérique un peu osé, qui grâce à la 3G, à la 4G ou bientôt à la 5G, va savoir, peut même être enrichi d'une photo voire d'une vidéo. On ne mettra jamais assez en garde les gens contre l'utilisation irréfléchie du sexto, qu'il vaut mieux éviter d'envoyer à des gens à qui l'on n'est pas absolument certain de pouvoir faire confiance ad vitam aeternam, car parfois l'indélicatesse de certains peut déclencher des rumeurs dont on se passerait volontiers, voire pire. Après, vous faites bien comme vous voulez, hein...
 
* Poulet : Billet de galanterie (Le Littré)

mardi 28 mai 2013

Les nouveaux mots de Robert


C'est aujourd'aujourd'hui même que Le Robert et Alain Rey ont fait savoir quels étaient les nouveaux mots qui auraient l'honneur d'exister dès la parution de la nouvelle édition du Robert 2014. Pour le Dico des mots qui n'existent pas et qu'on utilise quand même, le constat est sans appel : certains de nos mots devront être sortis d'une éventuelle prochaine édition, puisqu'ils ont été retenus dans cette dernière fournée. Cela n'a rien de surprenant, car ainsi que nous l'annoncions dans notre Dico, la validité de la présence d'un mot dans un tel ouvrage risque  d'être éphémère, car il est possible que son usage se répandant de plus en plus, il finisse par être considéré par les lexicographes officiels qui, pour peu que son étymologie soit un minimum convaincante, l’intégreront dans les dictionnaires des mots qui existent.
 
C'est ce qui est arrivé, notamment, à droit-de-l'hommiste ainsi qu'à conspirationniste. Notre lowcostisation a eu chaud, le Robert n'ayant retenu que low-cost, et Alain Rey a adoubé le verbe dédiaboliser là où nous avions préféré le substantif dédiabolisation. L'adjectif traçable faisait partie de notre short-list pour une actualisation, Alain Rey nous a devancé. Tant pis.
 
Quoi qu'il en soit, nous continuons notre quête inlassablement. N'hésitez pas à nous suggérer des mots, sur ce blog ou sur notre page Facebook.

je révise mon bac ou je regarde Roland-Garros?



Réviser ses examens ou regarder Roland-Garros: que faut-il faire?

La réponse de Platon dans la chronique philo façon de penser sur  le Mouv

mercredi 1 mai 2013

Panthéonisable

« Mais les panthéonisables, comme toujours, se bousculent au portillon. »  Le Monde, le 20/04/2013.

On est panthéonisable quand on est pressenti pour entrer au panthéon, de même qu’on est oscarisable quand on est pressenti pour recevoir un oscar. « Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège », s’écriait un Malraux inspiré en 1964 à l’occasion du transfert des cendres du résistant au Panthéon. Depuis lors, peu l’ont rejoint. Neuf à peine, dont Malraux lui-même 32 ans plus tard, et Alexandre Dumas, le dernier en date, en 2002.
On voit donc que, s’il y a sans doute plus de panthéonisables que de premier-ministrables, il y a moins de panthéonisés que de premiers ministres (le score pour la Cinquième République, à ce jour, n’est que de 10 à 19, autant parler de raclée), et on comprendra donc que si le lexicographe n’a pas encore jugé bon de s’encombrer d’une définition de premier-ministrable, on risque d’attendre encore un peu avant qu’il ne reconnaisse l’existence de l’adjectif panthéonisable. Ce qui est dommage, d’une part parce que quand on est panthéonisable, on le reste généralement assez longtemps, alors que quand on est premier-ministrable c’est souvent éphémère, et d’autre part parce que le mot revient assez bien à la mode en ce moment.
Oui, parce que Dumas, c’était en 2002, et ça commence à faire suffisamment long pour que l’on recommence à se demander s’il ne serait pas opportun de déplacer à nouveau un illustre cadavre ou deux pour leur rendre un hommage national. Les noms de Diderot et de Michelet circulent, ainsi que ceux de résistants comme Pierre Brossolette ou Stéphane Hessel qui pourraient tenir compagnie à Jean Moulin. Quelques femmes aussi sont panthéonisables, et certains voudraient rétablir une certaine parité là où pour le moment on n’en compte que 2 sur 71. Olympe de Gouges et Louise Michel semblent tenir la corde, mais George Sand et Madame du Châtelet reviennent du diable vauvert et pourraient créer la surprise.
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