mardi 16 novembre 2010

Renomination

Renomination n.f. action de nommer derechef quelqu'un à un poste qu'il occupe déjà

Rendons tout d'abord justice à Christine Lagarde, éhontément accusée d'avoir commis une bourde en expliquant que le nouveau gouvernement était absolument révolutionnaire, étant donné que le principe d'une révolution est d'effectuer un tour complet à 360°. C'est d'une part tout-à-fait rigoureux (en tout cas pour ce qui concerne la définition de la révolution, celle de l'adjectif révolutionnaire dérivant uniquement d'une autre acception du substantif), et cela confirme d'autre part non sans un certain humour l'impression que tout le monde, sauf peut-être Christian Estrosi (dont on peut regretter qu'il ait échappé à la vague des renominations, cela étant, avec l'arrivée de Frédéric Lefebvre, ils vont quand même avoir encore des occasions de rigoler, au conseil des ministres) , a eue : exécuter un tour complet, c'est en définitive ne rien changer après avoir pendant le mouvement brassé un peu d'air. Christine Lagarde n'a donc pas sorti une énormité, elle s'est en fait ouvertement foutu de la gueule de Nicolas Sarkozy et de François Fillon, ce qui compte-tenu de sa propre renomination est toutefois, il convient de le noter, la preuve d'une certaine ingratitude. Ou alors elle ne l'a pas fait exprès, mais il est raisonnable d'en douter.

La renomination, donc, est un affreux néologisme remis à la mode, en raison des conceptions sarkoziennes de la révolution qui ont conduit à reconduire François Fillon au poste de Premier Ministre, par la cohorte des observateurs de la vie politique. Oh, certes, cette abjection vocabulistique n'est pas si nouvelle, mais songez donc que pour 27900 références sur Google (pages en français) pour la dernière année, près de la moitié (13000) datent de moins d'une semaine. Voilà bien une preuve, s'il en fallait encore, que la richesse du vocabulaire des journaleux n'est désormais plus affaire que d'effets de mode.

1 commentaire:

  1. Ma pensée en entendant ce tournant "révolutionnaire" : en quoi le fait d'avoir un gouvernement de droite, sous un président de droite, est-il révolutionnaire ? C'aurait pu être l'ouverture du précédent gouvernement qui aurait pu justifier cet adjectif; mais là, c'est vraiment un mot inadapté !

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