mercredi 8 juin 2011

Philosophie de Walt Disney: le complexe de Robin des Bois

L'interprétation des rêves

Savez-vous comment Robin des Bois parvient à libérer ses amis de prison dans le dessin animé de Walt Disney? Il vole les clés au Shérif de Nottingham. Comment? Il attend la nuit. Le shérif qui garde les clés de la prison autour de sa ceinture est endormi, si bien que sa vigilance est affaiblie. D'ailleurs, pour l'endormir un peu plus, Robin des bois chante une berceuse. Mais ça ne suffit pas: on imagine ce qui pourrait se passer si le shérif se réveillait tout à coup et voyait robin des bois en train de lui voler ses clés. Alors, Robin des bois doit se déguiser en vautour pour prendre l'apparence des gardes. Quand le shérif ouvre un oeil distrait, il croit reconnaître l'un de ses hommes et ne réagit pas.

Or, c'est de la même manière que Freud interprète la signification des rêves, bien qu'il n'ait jamais vu ce dessin animé. On a souvent du mal à expliquer ses propres rêves: certains sont incohérents et d'autres représentent des scènes si gênantes qu'on ne les a jamais racontées à personne. Pourtant, d'après Freud, ce sont bien mes désirs qui s'expriment dans mes rêves ou plutôt, les désirs de mon Inconscient. Et s'ils sont inconscients, c'est parce qu'ils sont inavouables ou inacceptables pour ma conscience; c'est parce que, d'une manière ou d'une autre, je les ai refoulés. Mais tout le monde sait que ces pensées que je refuse cherchent à se rappeler à moi, notamment dans le fameux lapsus révélateur, qui conduit certaines à parler de "fellation" à la place "d'inflation". Et c'est surtout dans le rêve que ces désirs, pensées se révèlent le plus couramment et facilement.

D'abord, parce que dans le sommeil, le censure qui a pour fonction de refouler les pensées inacceptables - comme le ferait un videur de boîte de nuit -, est moins vigilante. Tout comme le shérif qui dort. Et les désirs ou pulsions inconscients, à l'image de robin des bois, parviennent plus facilement à la conscience. D'ailleurs, la première technique adoptée par Freud pour amener ses patients à exprimer leurs pensées inconscientes était l'hypnose, pareille à celle que pratique robin des bois en chantant une berceuse au shérif: le mécanisme est toujours le même, en affaiblissant la vigilance de la censure, on permet aux indésirables de se montrer.

Mais comme dans le dessin animé, les désirs doivent quand même se déguiser, sous peine de réveiller la censure. C'est ce que Freud appelle le travail onirique - relatif au rêve. Ainsi, le contenu manifeste du rêve, l'histoire dont on peut se souvenir et qu'on peut raconter au réveil, n'est pas le contenu réel du rêve, qui est latent, c'est-à-dire caché. Il faut interpréter le rêve pour comprendre quels désirs ou pensées s'y sont exprimés. Selon Freud, il existe de nombreuses techniques de déguisement, la principale étant sans doute la symbolisation. Les images que je me représente dans mes rêves sont les symboles de mes désirs et n'ont pas un sens littéral: par exemple, les rêves d'envol ou de vol on à voir avec la sexualité - comme l'exprime la formule, "aller au 7ème ciel. Les rêves de chute se réfèrent à l'enfance et rappellent les jeux d'enfants, tourniquets, toboggan, etc. Quand on rêve qu'on perd ses dents, c'est un symbole de castration et si on rate un train, c'est qu'on cherche à se rassurer vis-à-vis de sa crainte de mourir - le départ du train, c'est ma mort (il est parti, il nous a quittés, etc.), et le rater signifie: "ne t'inquiète pas, ce n'est pas pour tout de suite.

Freud n'a jamais vu Robin des bois. Quant à savoir si Walt Disney a lu Freud, c'est une autre histoire.

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