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lundi 15 août 2011

Garantie soleil: et pourquoi pas une assurance pour quand on a raté sa vie, pendant qu'on y est ?

A l’heure du bilan météorologique plutôt très catastrophique de cet été, on voit fleurir les articles et reportages sur le thème : « que faire de ses vacances à Quimper quand il pleut ? » D’abord, il fallait pas aller à Quimper. Ensuite, on n’a qu’à prendre un bouquin. Surtout, on apprend que depuis 2009, il existe notamment chez Pierre & Vacances une assurance contre le mauvais temps ou « garantie soleil » : si vous avez moins de 3 jours de beau temps en une semaine, on vous rembourse.


Pourquoi pas une assurance pour quand on a raté sa vie, aussi ? Genre : « garantie belle vie, l’assurance d’une vie réussie ».

Alors, vous me direz : qu’est-ce que réussir sa vie ? Ça dépend des goûts. Mais le temps aussi, ça dépend des goûts : si y a eu un nuage, un moment, ça compte ? Et puis, la pluie, c’est le beau temps des agriculteurs qui doivent sans doute avoir contracté des assurances contre la sécheresse ou « garantie pluie ». Certains supposent même que la baisse du nombre de tués sur les routes en juillet 2011 est due à la pluie qui renforce la vigilance des conducteurs. Donc, en un sens, la pluie est elle-même l’assurance vie des automobilistes.

Surtout, on s’étonne sur cette tendance à vouloir s’assurer de tout. À la limite, on peut assurer les gens contre des catastrophes naturelles. Quand la satisfaction des besoins les plus élémentaires est en jeu : perdre sa maison, ses moyens de subsistance, etc. Quand c’est une question de vie ou de mort, quoi ! Mais s’assurer contre le mauvais temps ou les « caprices du Ciel » ? C’est un caprice de touriste. D’abord, au même moment, des millions de personnes sont menacées par la famine en Afrique. Et nous, on contracte des assurances contre le « mauvais temps » ? Mauvais, parce qu’on ne va pas pouvoir aller à la plage et qu’on va s’ennuyer. Voilà : on veut une assurance contre l’ennui.

Cette assurance « beau temps », c’est le signe de notre volonté et de notre incapacité à tout maîtriser. Il y a bien longtemps que les hommes tentent de comprendre et de maîtriser les phénomènes de la nature. Par des forces divines, d’abord, qu’on croit pouvoir influencer par des prières, des offrandes, voire, des sacrifices. Depuis Descartes et les progrès de la science, les hommes ont tendance à se croire « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Ils croient d’abord que l’ensemble de la nature est à leur service : la montagne pour faire du ski, la mer pour le bateau et les œufs de poule pour les gâteaux. Ensuite, comme ils pensent effectivement que la nature a été faite pour eux – par un Dieu ? – ils ne comprennent pas et n’admettent pas qu’elle peut leur nuire ou plutôt, que le cours naturel des choses peut se développer sans en avoir rien à carrer de ce qu’en pensent les hommes. Malgré Copernic et Darwin, on voudrait rester le centre du monde et on ne supporte plus le naturel de la nature. Le temps, le climat et toutes autres choses nous dépassent. On ne veut pas le croire et on « s’assurent » contre le mauvais temps. C’est la nouvelle religion : il n’y a plus de Dieu qui produit les phénomènes naturels. Mais comme la plupart des gens sentent bien que ça les dépasse, ils voudraient quand même, comme toujours, trouver un responsable. Les compagnies d’assurance sont une sorte de nouvelle église : « nous vous garantissons des vacances réussies », un peu comme on peut promettre le paradis à ses fidèles. Bref, malgré les progrès des sciences et des techniques, les mentalités n’ont pas changé.

jeudi 23 juin 2011

Philosophie des radars "pédagogiques"

Les gens refusent les radars et revendiquent le droit de mourir dans la stupidité.

L'intérêt général, la conservation même de la vie de chacun exige que l'on retire les panneaux signalant la présence de radars - car, en général, dès qu'on aperçoit ce genre de panneau, on pile, et on rétrograde de 180 à 80 km/h en 3 s. Mais la mesure est tellement impopulaire que le ministre a fini par trouver un moyen terme - très moyen : les radars "répressifs" seront précédés par des radars "pédagogiques". En bref, on ne prévient plus, mais on donne un indice. (Mais chut!)

Comme on a pu le noter dans la Philosophie du Code de la route, ce qui est étonnant dans toutes ces polémiques, c'est la notion de "prévention", de"pédagogie". On voit assez de pubs où on nous vend des voitures "de rêve" (en citant même Shakespeare pour la Giulietta) : "sans coeur nous ne serions que des machines". Et sans cerveau ? Les voitures actuelles se veulent "suréquipées", saturées des moyens technologiques les plus au point: ABS, GPS, clim', mon cul sur la commode, etc. Bref, tout un attirail qu'on ne ne saurait confier qu'à des grandes personnes. Mais non, pendant qu'on joue les grands, les riches et les puissants, on continue à pleurnicher et à réclamer plus de "pédagogie": on est assez grand pour s'acheter un 4x4, un crossover, toutes sortes de monstres mécaniques pour montrer qu'on est "quelqu'un", mais quand il s'agit de respecter les règles, on a manifestement autant de sagesse et de conscience qu'un gamin de moins de 7 ans.

Il y a une sorte de contradiction entre ces voitures suréquipées pour grandes personnes et cette demande de "pédagogie" et d'indulgence face à la loi. Un peu comme si on mettait un enfant au volant d'un Hummer. La technique offre les moyens aux conducteurs d'être toujours plus irresponsables - en leur donnant même des détecteurs de radars- un peu comme elle permet à certains de photographier les sujets du BAC avant l'heure.

Bref, il faudrait savoir : on est un grand qui peut conduire une grosse voiture suréquipée, et alors, on est un grand - on sait se tenir, on conduire, rouler raisonnablement - ou alors, on est un enfant qui a besoin de "pédagogie", de "prévention". Alors, on doit s'en tenir à la bicyclette avec les petites roues.

Des radars "pédagogiques"? Dites, sur votre grosse bagnole suréquipée, y a pas un compteur de vitesse?

vendredi 3 septembre 2010

Roms: ONU soit qui mal y pense

On s'insurge volontiers lorsque des chefs d'Etats ignorent ou méprisent les décisions et résolutions de l'ONU. Lorsque "Doubeule You" attaque l'Irak contre l'avis du conseil de sécurité; lorsque Mahmoud Ahmadinejad déclare que les sanctions de l'ONU contre l'Iran et son programme nucléaire sont "bonnes pour la poubelle". Pourquoi? Parce qu'on a le sentiment, voire la juste conviction que l'ONU, quels que soient ses défauts, a le mérite d'exister en tant qu'institution internationale propre à assurer la paix ou du moins, le dialogue entre les différents pays. Quand on agit sous l'autorité et au nom de l'ONU, on est légitime. Pourquoi? Parce qu'il s'agit de l'assemblée des nations. Se conformer à résolution de l'ONU, c'est respecter la décision de cette assemblée dont on fait soi-même partie - en tant que pays.

L'attitude donc, qui consiste pour un pays ou un chef d'Etat à agir en ignorant ou en exprimant son mépris à l'égard de cette institution, nous paraît rétrograde. C'est un peu comme si un hors-la-loi prétendait qu'il désobéit à la loi pour la simple raison qu'il ne reconnaît pas son autorité et sa légitimité. Pourtant c'est mieux que rien. Avant l'existence d'institutions et d'instances internationales, chaque Etat, chaque pays était maître de ses décisions et de sa politique, aussi bien intérieure qu'extérieure. Si on n'était pas d'accord avec le sort que la loi d'un pays réservait aux femmes ou aux enfants, on ne pouvait que le regretter. Et si l'on était contre l'invasion d'un Etat par un autre, on n'avait d'autre moyen que la force militaire pour l'empêcher. Pourquoi? Parce qu'aucune voix ou autorité située au-dessus des différents Etats n'existait pour dire ce qui était bon ou mauvais, juste ou injuste, pour tout le monde. Le grand tournant de l'Histoire est sans doute le procès des chefs nazis à Nüremberg. On s'est dit: "là, il y a quelque chose qui a été fait et qu'on ne peut accepter; qu'il faut se donner les moyens d'empêcher, parce que c'est mal pour tout homme, quel que soit son pays". En bref, on a découvert que le meilleur moyen d'empêcher les uns ou les autres de faire n'importe quoi, c'était de mettre en place une autorité située plus ou moins au-dessus des différents Etats.
Conséquences? les pays quis e prétendent plus ou moins démocratiques se doivent de reconnaître l'autorité et la justesse des décisions de l'ONU. Et ceux qui s'y refusent, comme l'Iran ou la Chine, peuvent paraître, aux yeux de nombreuses nations, comme s'excluant carrément de ce processus par lequel on tente d'instaurer la paix.

La République Française, membre du club très fermé du conseil de sécurité de l'ONU, a l'habitude de se référer à l'ONU comme à une institution repère de ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Ici, on juge de l'autoritarisme du régime Iranien à la mesure de son mépris de l'ONU - "bonnes pour la poubelle". En ce sens, un groupe du Sénat chargé de réfléchir sur le tibet déclare volontiers que l'une des mesures propres à améliorer la situation du peuple tibétain consisterait à "Contribuer à dégager une majorité à la Commission des droits de l'homme de l'ONU pour évoquer sérieusement la situation au Tibet." Là encore, on en appelle donc à l'ONU et on semble bien penser qu'elle est l'instance légitime, pertinente et efficace, lorsqu'il s'agit de faire changer la politique d'un pays- en l'occurence, la Chine.

Alors, comment ces responsables politiques, gouvernants français, etc. peuvent-ils dénoncer comme "caricatural" et "excessif" un rapport de l'ONU sur les discriminations de la France dans sa politique vis-à-vis des Roms? "Caricatural" ou "bon à jeter à la poubelle"; c'est pareil! On peut donc bien s'indigner du mépris ou de l'ignorance que certains chefs d'Etats manifestent à l'égard de l'ONU, on peut remarquer qu'on agit exactement de la même manière quand on est certain de son bon droit. Mais justement, l'ONU a été mis en place pour que l'idée de son bon droit ne soit plus abandonné aux chefs d'Etats, mais défini de manière majoritaire voire unanime, par tous les pays, en même temps. Ainsi, on remarque qu'il faudra encore faire beaucoup d'efforts pour que les pays reconnaissent le bien fondé du droit international propre à garantir la paix. Y compris en France, où l'on en vient facilement à avoir la conviction d'avoir raison contre tous, ni plus ni moins que le Président iranien. Que peut-on lui reprocher si on fait la même chose?

"La nature pousse les Etats...à sortir de de l'absence de loi propre aux sauvages pour entrer dans une Société des Nations dans laquelle chaque Etat, même le plus petit, pourrait attendre sa sécurité et ses droits, non de sa propre force ou de sa propre appréciation du droit, mais uniquement de cette Société des Nations, c'est-à-dire d'une force unie et de la décision légale de la volonté unifiée".


Emmanuel KANT, 1784.

samedi 12 juin 2010

Mieux vaut tard que jamais

Etats-Unis/Angleterre

Match retour de la guerre d'indépendance américaine de 1775.

Vs












Le match aller a été remporté par les Etats-Unis et la reine n'est pas contente!
"Je reviendrai" a-t-elle dit. "On va se les faire ces ricains!" Au moins, il est certain que 235 ans auront permis a l'Angleterre de régler son jeu, contrairement à la France qui est toujours en phase de préparation alors que la compétition a déjà commencé.

lundi 10 mai 2010

Manifeste pour faire de la betterave une exception grammaticale

On le sait, la grammaire française est riche en exceptions qui la rendent inextricable pour qui ne dispose pas d'un bon Grévisse à portée de main. Il est cependant une exception qui fait cruellement défaut, ce qui induit des formulations ineptes sur le plan de la logique, et permettrait de distinguer la betterave potagère de ses sœurs sucrière ou fourragère (distinction certes bien établie sur le plan botanique, mais qu'il conviendrait, et c'est là un combat que je n'aurai de cesse de mener, d'établir enfin formellement sur le plan linguistique). Au nom de quoi foutredieu devrait-on dire, ainsi que le suggèrent tous les dictionnaires, un champ de betteraves et non un champ de betterave, alors que l'on dit bien un champ de blé ?

En première approche, l'explication semble évidente. Le blé est indénombrable, comme du reste l'oseille ou le grisbi, et on ne peut avoir vingt-sept blés dans un sac, on a du blé, c'est un sac de blé, qui vient d'un champ de blé. Tout va bien. La betterave, en revanche, est dénombrable, et on peut fort bien avoir vingt-sept betteraves dans un sac, même si l'on ne voit pas bien ce qu'on en ferait, c'est un sac de betteraves, tout va bien. Jusque là je suis d'accord, un sac de betteraves reste un sac de betteraves, parce que la betterave est dénombrable, et il est possible de savoir exactement combien de betteraves il y a dans un sac (l'expérience montre curieusement qu'il y en a le plus souvent vingt-sept). Mais dans un champ ? Qui osera jamais proclamer qu'il a un jour compté exactement le nombre de betteraves qu'il y avait dans un champ ?

Il est donc clairement évident qu'il existe outre les noms dénombrables et les noms indénombrables une troisième classe de noms, celle des dénombrables indénombrés (au rang desquels la betterave, donc), la classe des indénombrables dénombrés étant par nature un ensemble vide qui ne présente par conséquent qu'un intérêt epsilonesque. En effet, que dit le bon sens paysan ? Le bon sens paysan ne dit pas : "Cette année je vais planter des betteraves", le bon sens paysan dit : "Cette année je vais faire de la betterave". Parce qu'il a autre chose à glander que de les compter, ses betteraves, le bon sens paysan ! Il serait donc de bon ton qu'une bonne fois pour toutes, Robert et consorts prêtent l'oreille au bon sens paysan, admettent l'existence des dénombrables indénombrés, et nous laissent parler à notre guise de champs de betterave.

Alors d'accord, pour la betterave potagère, je dis pas, ça s'achète à l'unité, je veux bien, mais la betterave fourragère ou sucrière, ça se traite au tombereau ou à la tonne, alors, hein...

mardi 2 mars 2010

Tentative de modélisation du temps médiatique des catastrophes naturelles

Aujourd'hui, pour avoir des nouvelles du Chili, il était déjà nécessaire de se référer aux médias chiliens eux-mêmes. Si tu ne sais pas ce que signifie madrugada ou terremoto, autant dire que tu es mal barré. Hier, deux pages dans Libé, ce soir à tout casser 10 secondes au 20 H de France 2. La faute à Xynthia, qui a inondé sur le littoral français des habitations situées en zone inondable (c'est-à-dire dont on savait pertinemment qu'elles pouvaient être inondées) ? Pas forcément. Le temps de vie médiatique des catastrophes naturelles obéit nécessairement à une loi mathématique. Il convient donc de chercher à établir laquelle, et de chercher à vérifier le modèle qui sera proposé en estimant la date à partir de laquelle on n'entendra plus parler des dégâts de la tempête Xynthia.

En première approximation, les journalistes étant ce qu'ils sont, à savoir nombrilistes et sensationnalistes (dans l'ordre alphabétique, sans préjuger de la préséance d'une caractéristique sur l'autre), on pourrait intuitivement penser que le retentissement d'un évènement de cet ordre est à la fois proportionnel au nombre de victimes n et inversement proportionnel à la distance de l'évènement au siège de la rédaction, que nous établirons pour les besoins de la démonstration à Paris (en même temps, on n'est pas loin de la vérité) d. Pour les besoins de la modélisation, il convient de préciser que l'Aiguillon-sur-Mer, Concepcion et Port-au-Prince sont situés respectivement à 392, 11999 et 7348 km de Paris. C'est très précis, mais on peut se permettre la précision, une distance c'est indiscutable, il y a des étalons au Pavillon de Breteuil, c'est pas pour rien. Soit donc d la distance du centre de la catastrophe naturelle à la machine à café de la rédaction. L'établissement de n pose plus de difficultés. On ne sait jamais précisément comment dénombrer les victimes, surtout à chaud. On devra donc se contenter ici d'approximations, posons donc respectivement n = 52, 800 et 220000. Considérons enfin qu'on a parlé pendant une vingtaine de jours d'Haiti et que pour le tremblement de terre au Chili, 4 jours semble un maximum. Soit donc respectivement j = x, 4 et 20. Le problème consiste donc à estimer la valeur de x, soit le nombre de jours dont on parlera des conséquences de Xynthia aux informations.

Les données étant maintenant connues, il convient de chercher à établir le modèle. Les journalistes étant, une fois de plus, ce qu'ils sont, on se contentera de chercher à établir des relations linéaires, on ne va tout de même pas commencer à parler de logarithmes ou de polynômes. Sur base des données avérées pour les tremblements de terre du Chili et d'Haiti, une simple régression linéaire selon l'hypothèse reposant sur le double postulat du nombrilisme et du sensationnalisme conduit à l'équation j = 0,535*n/d + 3,964. Par suite, selon ce modèle, on ne devrait parler de la tempête en France que pendant 4,03 jours. c'est manifestement impossible, cela signifierait que jeudi il n'y aurait déjà plus aucun titre dessus. Impensable. Ce modèle n'est donc pas correct.

Imaginons dès lors un modèle inverse, où le temps médiatique de la catastrophe serait à la fois proportionnel à d et inversement proportionnel à n. On aboutirait alors à un temps de traitement de Xynthia de l'ordre de 12 jours. Si le résultat semble plausible, la justification du modèle en revanche ne semble pas évidente. De plus, le modèle impliquerait que si la tempête avait fait moins de 21 victimes en France, on aurait cessé d'en entendre parler avant même qu'elle se produise, ce qui est inepte.

Cette tentative de modélisation se solde donc par un échec patent, ce qui signifie surtout, ne nous leurrons pas, qu'il est illusoire de vouloir construire un modèle sur seulement deux éléments, mais pas nécessairement que les postulats de base quant aux caractéristiques des journalistes seraient incorrects. Il faudra donc attendre de nouvelles catastrophes afin de disposer de données suffisantes pour établir quelque chose de solide. Ne nous affolons pas, ça va bien finir par arriver.

En illustration, quelques jolies photos du Chili (Santiago, Valparaiso et Papudo), parce que des photos jolies de là-bas, on n'en a pas vu beaucoup depuis samedi, et des photos tout court, on n'en reverra pas avant longtemps.

lundi 30 novembre 2009

Réferundum contre les minarets : la Suisse lave plus blanc


- Qui a inventé les bonbons Ricola?
- La Suisse...
Mais la Suisse a surtout inventé la neutralité, paraît-il, c'est-à-dire, le refus de s'engager dans un quelconque conflit, auprès de tel ou tel pays. On ne choisit aucun camp pour éviter la guerre. Du coup, on ne fait pas de discrimination entre les différents clients désireux de déposer un petit capital en banque. Et tant pis s'il s'agit de biens et d'argents spoliés par les nazis aux juifs, alors même qu'on leur demandait de les laisser aux portes des chambres à gaz. C'est sans doute cette neutralité qui explique le fait que la Suisse ait longtemps refusé que les Alliés cherchent les biens juifs volés par les nazis et déposés sur son territoire: comme on l'a dit, on ne soutient aucun camp, qu'il s'agisse des "Alliés" ou des "Axés". C'est ça, la neutralité?

D'abord, on rappellera que la neutralité est une illusion, voire un mensonge: quand on accepte les dépôts d'argent volé par des nazis, on n'est pas neutre, on s'engage: on accepte et l'on cautionne les crimes perpétrés par les nazis, en montrant que "bien mal acquis profite". C'est ainsi que Jean Ziegler, lui-même suisse, diplomate et écrivain, a montré dans La Suisse, l'or et les morts, que la neutralité de son pays revenait à financer la machine de guerre nazie.

Ensuite, il y a cette interdiction de construire des minarets, votée par référendum dimanche 29 novembre et qui montre que la neutralité a ses limites. L'argent n'a pas d'odeur, mais les musulmans, apparemment, oui. La neutralité suisse consiste à garder l'argent de tout le monde, mais sans voir personne. En bref, la neutralité n'existe pas: elle consiste à s'engager. Un ancien mythe judéo-chrétien (et oui, encore les juifs!) nous l'a enseigné il y a bien longtemps: c'est l'histoire de Ponce Pilate qui se lave les mains du sort de Jésus, qu'il accepte de remettre à la vindicte populaire. Quand on prétend ne pas s'engager, on s'engage, dans la mesure où ce choix aura des conséquences. On ne peut pas ne pas choisir.

- Qui a inventé la neutralité?
- La Suisse...

mardi 22 septembre 2009

On peut être poète et cohérent, bordel !

boris_vian2C'est vrai, quoi, c'est pénible. Sous couvert de licence poétique, combien d'écrivaillons, combien de besogneux pollueurs de papier nous agacent l'entendement par leurs élucubrations incongrues et scientifiquement inacceptables. La terre est bleue comme une orange. Drogué, va ! C'est proprement insupportable. Et le plus difficile à avaler, c'est quand même les plus grands se laissent aller à de telles affligeantes facilités. Même Boris Vian, je viens de le découvrir. Boris Vian ! Le coup dur, quoi...

Lorsqu'il adapte, au demeurant de manière fort sympathique, Kisses sweeter than wine sous le titre Ses baisers me grisaient, vraisemblablement pour Juliette Gréco, ça peut se vérifier, il commet l'irréparable... En partant pour la noce avec son cheval brun il a croisé une rousse au détour du chemin, elle avait la peau fraiche et le nez retroussé, alors il l'a suivie sans même se retourner.

N'importe quoi ! Trop pas possible ! Si tu croises une rousse, c'est qu'elle arrive face à toi, puteborgne ! Par suite, pour la suivre, il te faut nécessairement te retourner. Tu ne peux pas suivre sans te retourner une rousse que tu croises. Même si elle est brune. T'es obligé de te retourner ! Ou alors, tu la suis à reculons, mais c'est quand même super pas crédible. Surtout à cheval. Faut déjà être sacrément bon cavalier pour faire marcher un cheval à reculons.

La déception. Boris Vian qui se répand en inepties...

hugues_aufrayNana Mouskouri, lorsqu'elle reprend la chanson un peu plus tard, commet la même absurdité. A la limite, on lui pardonne, elle est grecque, elle parle pas vraiment la langue, et peut-être qu'en Grèce les gens se suivent à reculons. C'est possible. J'y crois moyen, mais c'est possible. Mais quand, plus récemment, Emilie Loizeau ne change pas un mot de ce texte imbécile, c'est inacceptable. Se permettre de propager de telles horreurs au vingt-et-unième siècle est à la limite du criminel. D'autant plus qu'entre temps, et il faut lui en rendre grâce, Hugues Aufray avait eu le bon goût de rétablir la vraisemblance en transformant le vers débile en Alors je lui ai dit voulez-vous m'épouser. Ce qui est assez parisien.

mercredi 7 janvier 2009

Vade Retro Oestrogenas

neuwirthQuand des mecs qui ont mis quatre siècles à admettre du bout des lèvres que Galilée n'avait peut-être pas totalement tort en disant que la Terre tournait autour du soleil s'amusent à se prendre pour des scientifiques, ça me fait toujours doucement rigoler. Le Vatican s'érige ces derniers temps en défenseur de l'environnement, pourquoi pas. Et pour s'attaquer aux problèmes environnementaux, la Bande à Benoît commence par dénoncer les effets dévastateurs de la pilule sur l'environnement. Pour résumer ce qu'on peut trouver quant au contenu de l'article (l'article lui-même semblant introuvable car le site de l'osservatore romano ne dispose pas d'archives exhaustives), disons que les tonnes d'hormones relâchées dans la nature à travers les urines des femmes qui prennent la pilule seraient un des principaux fléaux écologiques du monde. Ben voyons. Aucun rapport évidemment avec le fait que l'église catholique condamne a priori toute contraception, hein, c'est juste du scientifique et de l'écologique...

benoit_XVIPetit calcul rapide en ce qui concerne les tonnes d'hormones. En moyenne, les pilules actuelles contiennent à peu près 20 µg d'oestradiol par comprimé. Une femme sous pilule prend 21 comprimés par mois 12 mois par an. En admettant qu'elle ne métabolise rien et qu'elle rejette tout en faisant pipi, elle relarguerait donc grosso modo 5 mg d'hormones par an. Considérons maintenant la population mondiale. 6 milliards d'individus, soit à peu près 3 milliards de femmes. Une approximation comme ça, à la louche, on va dire qu'il y en a 10 % qui prennent la pilule. Et à mon avis je suis très très large. Mais mettons. Soit 300 millions fois 5 mg, ça nous donnerait donc, dans le pire des cas, 1,5 t d'hormones venues des contraceptifs oraux rejetées dans la nature par l'urine des pêcheresses...

Une tonne et demi... pas de quoi en faire des tonnes...

Pedro José Maria Simon Castellvi me semble donc être un gros guignol, qui mérite à ce titre d'être le premier à figurer au Conservatoire des Etalons de la Connerie Universelle pour l'année 2009.

lundi 5 janvier 2009

Au pire, qu'est-ce qu'on risque ?

Donald_WestlakeLe couperet tombe aujourd'hui. Plus de publicité (enfin le soir, pour commencer) sur France 2, 3, 4, 5 et Ô. Le contrat, éxécuté par Sarkozy, aurait été lancé par TF1, jaloux de voir ses concurrents gagner aussi de l'argent facile. Vrai ou pas, on ne le saura pas, motus et bouche cousue. La question qui se pose maintenant est la suivante : la fin de la publicité va-t-elle mener la télévision publique sur les sentiers du désastre ?

Donc, plus de pub sur le service public. Donc moins d'argent pour payer les droits de diffusions de blockbusters. Au pire, qu'est-ce qu'on risque ? Moins de Besson et plus de Capra ? Moins d'argent aussi pour payer les animateurs producteurs d'émissions de divertissement. Au pire, qu'est-ce qu'on risque ? Moins de Drucker et plus de Taddeï ? Moins de reportages sur les dégâts des eaux chez Courbet, et plus sur les aztèques dansants à Envoyé Spécial ? Que des mauvaises nouvelles, donc...

donald_westlake_au_pire_qu_est_ce_qu_on_risqueOn est aussi mort de trouille du fait que le président de France Télévisions sera maintenant nommé et révocable par le Président de la République (soit, pour le moment, Nicolas Sarkozy, personne n'est parfait). Dès lors, la télévision publique perdrait son indépendance. Mais franchement, au pire, qu'est-ce qu'on risque ? Une ligne éditoriale qui perd son indépendance (qui reste à démontrer) vis-à-vis du pouvoir mais s'affranchit de la coupe des annonceurs perd-elle vraiment beaucoup en crédibilité ? Et puis, si on veut de l'information vraiment indépendante, il reste, divine providence, TF1...

samedi 22 novembre 2008

Des chinois qui posent des lampes par terre. De dos.

mireilleL'œuf fait-il la poule ou la poule fait-elle l'œuf ? Le jardinier qui boite et qui boit boite-t-il parce qu'il boit ou boit-il pour oublier qu'il boite ? L'artiste subventionné reçoit-il des subventions pour pouvoir préparer ses créations, ou crée-t-il pour recevoir des subventions ?

Une fois n'étant pas coutume, je me suis laissé infliger ce soir un spectacle de danse contemporaine. Bien évidemment, j'avais envisagé l'hypothèse selon laquelle j'allais m'ennuyer ferme, mais bon, c'est ça la vie de couple, des fois il faut faire des concessions. C'était pire que ce que je craignais. A l'opéra de Lille, on donnait donc ce soir Comment dire "ici" ?, une proposition de Christian Rizzo. On notera que l'artiste lui-même, conscient de se foutre de la gueule du monde, ne parle pas pour sa création de spectacle ou de chorégraphie, mais, humblement, de proposition. Que nous a proposé Christian Rizzo ce soir ? En guise de danse, des chinois de dos qui marchent et qui posent des lampes par terre, dont un déguisé en gardien de parking. Pendant une heure. Ça peut paraître long, une heure pour marcher de dos et poser des lampes par terre, même pour des chinois, mais il faut bien voir que tous les gestes étaient exécutés trèèèèèèèès lentement. Et puis je réduis, ils n'ont pas fait que ça, par moments certains se munissaient de grands bâtons et traversaient lentement la scène avec. C'est tout. En guise d'accompagnement musical, car que serait la danse sans musique, on a pu distinguer trois phases. Un long début mêlant silences et bourdonnements désagréables. Une longue fin avec un mélange de bruits désagréables, genre crissements. Entre les deux, une phase plus courte, mais tout de même fort pénible, avec des grincements désagréables.

chabalL'art peut avoir plusieurs fonctions. Il peut se contenter, mais c'est déjà pas mal, de donner à voir du beau. Là non, des chinois qui marchent de dos en posant des lampes par terre, sans aller jusqu'à hurler à l'attentat esthétique, on ne peut pas considérer ça comme quelque chose de beau. L'art peut aussi servir de vecteur pour transmettre un message. Ici, c'est difficile à affirmer, mais il ne semble pas qu'il y ait réellement un message. Au mieux, il y en a un, mais alors force est de constater que sa transmission est un échec. L'art peut aussi inviter à réfléchir. Dans ce cas précis, la seule réflexion amenée consiste à chercher à répondre à la question qu'est-ce que je fous là ? Pas le qu'est-ce que je fous là ? métaphysique, avec des morceaux de sens de la vie à l'intérieur, non, le qu'est-ce que je fous là ? épidermique, le vulgaire, celui qui fait simplement se demander pourquoi on reste assis à cet endroit précis pendant une heure à regarder des chinois qui marchent de dos en posant des lampes par terre (allumées, avais-je omis de préciser) alors qu'il y avait quand même France-Australie à la télé. Avec Chabal, en plus.

dimanche 27 juillet 2008

Pas de réduction pour les militaires

morinFrançois Fillon a annoncé récemment les détails de la réforme de la carte militaire concoctée par le Ministre de la Défense Hervé Morin. 83 sites ou unités militaires vont être supprimés à partir de 2009. L'effort est louable, messieurs du gouvernement, mais la technique n'est pas adaptée. Ce n'est pas en supprimant son habitat que l'on parviendra à éradiquer le militaire, l'animal a subi un entraînement des plus sévères pour parvenir à s'adapter en milieu hostile.

"L'inutilité du militaire est un fait connu que nul n'ose plus discuter en notre siècle de dialectique progressifiante", énonçait Boris Vian il y a tout juste soixante ans, avant de proposer, catégorie par catégorie, quelques moyens de destruction des militaires. Là encore, l'intention était louable, mais la mise en application de ses préconisations était si peu aisée qu'en notre siècle de progrès dialectisant nous en sommes encore là où nous en sommes ce qui est fâcheux.

C'est pourquoi je me permettrai messieurs du gouvernement de vous suggérer une nouvelle méthode de travail qui me semble présenter un potentiel prometteur pour s'avérer définitive, méthode que j'intitulerai guerre totale inversée, intitulé qui présente lui-même l'avantage de pouvoir être aisément résumé par les journalistes par l'acronyme GTI.

caserneLe principe en est simple, le voici. Il s'agit dans un premier temps d'identifier une grande puissance concurrente, amie ou ennemie, peu importe, l'essentiel étant qu'elle dispose d'une force armée peu ou prou équivalente et qu'elle soit disposée à user de la même méthode pour aboutir au même résultat. D'accord sur le principe, les deux puissances devront ensuite s'entendre sur le choix d'un champ de bataille, de préférence désert afin d'éviter tout dommage collatéral. Vient ensuite la GTI elle-même. Il s'agit alors de suivre une règle simplissime, dite règle d'inversion, qui consiste à faire donner les ordres de bataille aux éplucheurs de patates et à mettre les gradés en première ligne. Les maréchaux précéderont les généraux, eux-mêmes suivis de près par colonels, commandants, capitaines et autres lieutenants.

S'il y a fort à parier que le degré d'ineptie des ordres concernant les mouvements de troupes ne sera que faiblement affecté par le changement de décideurs, le bénéfice majeur de la règle d'inversion réside en ceci que, alourdis par leurs décorations et leur inexpérience du terrain, les gradés des deux camps auront tôt fait de s'entretuer de manière irrémédiablement létale. Lorsque sergents et caporaux auront également fini par succomber, il ne restera plus aux simples troufions des deux équipes qu'à revêtir les habits civils qu'ils auront pris soin d'emporter dans leur paquetage. Sans porteur de bâton pour leur intimer l'ordre de cogner sur ceux d'en face, ils pourront alors librement aller cultiver leur jardin, ou encore jouer à la pétanque car il fera beau.

dimanche 4 mai 2008

Benoîte Rencurel 1 - Galilée 0

benoite1L'église vient de reconnaître officiellement une série d'apparitions de la vierge à une dénommée Benoîte Rencurel au Laus, apparitions contemporaines de Louis XIV, ce qui prouve bien que l'église ne s'y prend pas avec légèreté pour reconnaître miracles et autres tours de magie, vu qu'elle met trois siècles avant de se prononcer. Par cette reconnaissance, elle instaure de fait un nouveau lieu de pèlerinage officiel en France, après Lourdes. La France, aux racines chrétiennes si chères à Nicolas Sarkozy, peut à raison s'enorgueillir de cet évènement.

Après trois siècles d'enquête, l'église a donc décidé qu'il était légitime de supposer vraies les allégations de cette personne à laquelle la vierge serait apparue régulièrement pendant 54 ans, lui intimant l'ordre de bâtir une église. J'imagine qu'ils ont dû recouper les témoignages, interroger les amis de ladite Benoîte afin qu'ils attestent de sa bonne moralité, enfin bon, tout ça c'est de la procédure super sérieuse... D'ailleurs, pour les apparitions, c'est bon, tout est OK, validé, garanti cent pour cent authentique, mais attention, rien n'est fait pour la béatification, il faut encore achever des études pour vérifier la valeur du combat [de Benoîte] contre le démon. Ça rigole pas, on vous dit, on prend bien le temps de tout vérifier.

galileoDonc l'église met trois siècles pour accepter l'idée qu'une paysanne ait réellement discuté à plusieurs reprises avec une femme morte depuis largement plus de mille ans... Ça peut paraître long... En même temps, la même église a bien mis un siècle de plus pour admettre que Galilée n'avait peut-être pas dit que des conneries, et pourtant, ça, c'était quand même un peu plus facilement vérifiable, alors bon...

jeudi 10 avril 2008

Mothra contre Léguman

Avant tout, rappelons que Mothra est la mite géante qui se frite avec Godzilla et que Léguman est le super-héros de notre enfance, créé dans le Téléchat de Roland Topor.

mothraCeci étant posé, il devient nécessaire de répondre à cette question : pourquoi ce titre ? Et bien parce que c'est plus rigolo que "La nature contre Monsanto", mais en fait ça veut dire la même chose. Il y a quelques semaines, des chercheurs révélaient qu'une race de papillon avait réussi à développer une résistance accrue (et pas qu'un peu, en gros la dose létale a été multipliée par 500!) à une toxine produite, dans le but de protéger les récoltes, par du coton génétiquement modifié. Cette toxine Bt (Bacillus thuringiensis) est aussi notamment produite, dans le même but, par des maïs OGM, et l'innocuité de sa prolifération et de son accumulation dans l'environnement n'a pas été démontrée, il y aurait même plutôt des études qui tendent à prouver le contraire. Mais bon, ce sont là des batailles d'experts, nous on n'y connait rien, on peut pas trancher...

legumanCela étant, devant ce genre de cas, la question ne se pose à mon sens même plus en termes de principe de précaution. On se pose en effet la question du principe de précaution quand il s'agit de mettre en balance le bénéfice certain d'une innovation et ses dangers potentiels. Or ici, même si l'on considère que les dangers ne sont que potentiels, le bénéfice apparaît de moins en moins certain, car les plantations sont encore moins protégées contre le parasite qu'elles ne l'étaient auparavant.

Y a-t-il lieu de se réjouir de ce qu'on peut considérer comme une défaite de Monsanto et consorts contre lalamarck nature (ou de Léguman contre Mothra) ? Rien n'est moins sûr. Car cela était somme toute fort prévisible. En effet, on le sait depuis Lamarck, la fonction crée l'organe. Il était donc inéluctable qu'un jour ou l'autre certaines espèces d'insectes développent ce type de mutation, et il y a fort à parier qu'Helicoverpa zea ne soit que la première d'une longue série. Si cela était inéluctable, on peut supposer que les vendeurs de semence OGM l'avaient prévu... et on peut même supposer qu'ils l'avaient espéré. Car quel sera le seul recours face au problème posé par la multiplication de ce genre de cas ? Certainement pas un retour global à l'agriculture biologique, car les parasites seront devenus beaucoup trop forts. Le seul recours sera vraisemblablement la fuite en avant, le développement de nouveaux OGM, qui produiront de nouveaux insecticides, auxquels les parasites s'adapteront à leur tour, et ainsi de suite... Voilà qui augure d'une belle prospérité pour les bienfaiteurs multinationaux de l'humanité...

Finalement, la nature est peut-être bien la meilleure amie de Monsanto... mais pas dans le sens où ils cherchent à nous le faire croire.