dimanche 13 janvier 2013
mardi 2 octobre 2012
La publicité a-t-elle remplacé la politique?
| Voilà ce que je veux dire... |
mardi 4 septembre 2012
Quelques grammes de PHILO dans un monde de pub (aux éditions Max Milo)
Sorti le 30 aout 2012.
dimanche 22 juillet 2012
samedi 10 mars 2012
mardi 21 février 2012
Carnaval de Dunkerque: la philosophie du hareng
Pourquoi lancer des harengs à la foule pendant le carnaval de Dunkerque? Et d'où vient ce plaisir de sentir le hareng?Un genre de grossièreté qui évoque peut-être les mauvaises manières de Diogène le Cynique, qui se moquait des conventions.

Pour en savoir plus,
Le podcast de la chronique philo
mardi 31 janvier 2012
Intervention de Nicolas Sarkozy: y a-t-il plusieurs vérité?

Que faut-il penser de l'intervention de Nicolas Sarkozy, dimanche 29 janvier?
Libération écrit en Une : « un président perdu », pendant que le Figaro parle de « mesures fortes pour relancer l’économie. » Apparemment, personne n'a vu le même film.
Alors, y a-t-il plusieurs vérités, comme l'admet le Président lui-même à la fin de son interview ?
La réponse dans la chronique "façon de penser":
mardi 22 novembre 2011
Le meurtre d'Agnès et le fantasme Minority Report
En même temps, Mais les plaintes deviennent très étranges quand on dit que les experts psychiatres se sont trompés, ou qu’ils n’ont pas bien évalué la « dangerosité » de l’adolescent, puisqu’ils l’ont jugé « réinsérable » - comme on dit avec un mot qui n’existe pas. Alors, certains font remarquer que la psychiatrie n’est pas une science exacte et qu’effectivement, elle peut se tromper. Mais se tromper sur quoi ? On voudrait que les psychiatres soient des experts de l’avenir, que leur science consiste à prévoir, et même prédire les actes futurs d’un individu.
C’est exactement ce qui passe dans le film de Spielberg Minority Report : la police dispose de trois experts-médiums qui peuvent « voir » les crimes avant qu’ils ne soient commis. Ce sont les « précogs » (sans doute du latin cogito, « je pense », et ici : je vois par la pensée ce qui va se passer avant que ça ne se passe). Du coup, la police arrête les criminels avant qu’ils ne commettent leurs crimes. Ce qui est assez étonnant, c’est que cette histoire de science fiction est censée faire peur. A première vue, un monde dans lequel on pourrait savoir à l’avance qu’un crime sera commis, n’est ni possible, ni souhaitable. Ce n’est pas possible, parce que le futur n’est pas écrit, et qu’on suppose que les individus agissent librement. Ce n’est pas souhaitable, surtout, pour deux raisons : d’abord, ça veut dire qu’on pourrait arrêter et condamner les gens alors même qu’ils n’auraient encore rien fait. Et donc, ils seraient innocents. Ensuite, parce qu’on considèrerait, de fait, qu’ils ne sont pas libres de leurs actes, et ne peuvent rien changer à leur avenir. Quand on regarde le film, c’est très dérangeant. D’ailleurs, on est un peu soulagé en découvrant que les précogs peuvent se tromper (notamment à propos du héros, Tom Cruise). On apprend qu’il existe justement des « minority reports » ou « rapports minoritaires », c’est-à-dire quelques prédictions des « précogs » qui se sont révélées fausses. On est soulagé, parce
que ça veut dire que l’avenir n’est pas écrit, et qu’il subsiste toujours une part d’imprévisibilité, et donc, de liberté, dans la vie de chacun.
Or, il est étonnant que ce qui fait peur et soulage dans ce film soit exactement l’inverse de ce qu’on voudrait quand on parle du meurtre d’Agnès. On voudrait justement que les experts-psychiatres puissent prédire l’avenir, et on a peur qu’ils se trompent. Sans se rendre compte de ce que tout ça implique : qui voudrait vivre dans un monde où on peut être arrêté et enfermé , non pas pour des actes qu’on a commis, mais pour des actes qu’on pourrait commettre dans l’avenir, alors que chacun revendique sans doute le droit d’être reconnu comme un individu libre de ses actes ? C’est pourtant ça qu’on appelle la « dangerosité » : la possibilité ou la probabilité qu’a un individu de commettre un crime.
Il faut sans doute penser à toutes ces conséquences quand on réclame des mesures supplémentaires pour prévenir l’avenir. Ce qui est dangereux, au fond, c’est de vouloir faire des lois en réagissant un peu trop vite à des faits divers tragiques, dramatiques, mais rares. Bref, dans quel monde voudrait-on vivre ? Il n’est pas certain que ce soit le monde de Minority Report.
mardi 6 septembre 2011
Les chroniques philo sur le Mouv': DSK ou le retour du fils prodigue
Comment expliquer que le retour de DSK soit l’événement du week-end ? On nous annonce pourtant un plan de rigueur qui devrait intéresser tout le monde (vu que c’est nous qui paye). Mais non : les journalistes et les photographes se lèvent à pas d’heure pour accueillir DSK à l’aéroport, avant de nous dire qu’il rentre au numéro 13 de la place des Vosges. Qu’est-ce qu’on en a à faire ? Bref, malgré les tentatives des autres politiques pour nous expliquer qu’il s’agit d’un non-événement, d’une affaire privée qui ne change rien à rien, il a encore piqué la vedette à tout le monde.
En fait, le retour de DSK, c’est
un peu le retour du fils prodigue. Vous connaissez peut-être l’histoire – ou pas, d’ailleurs. D’abord, on parle bien du retour du fils prodigue et non pas du fils « prodige » comme on l’entend parfois ; ça veut dire, le fils qui dépense beaucoup. Il s’agit d’une parabole racontée par Jésus dans l’évangile selon Saint-Luc. « Un homme avait deux fils » : le plus jeune demande à son père sa part d’héritage et s’en va « pour un pays lointain » dilapider sa fortune « avec des prostituées ». Mais il « se trouva fort dépourvu quand la bise fut venue ». Et après avoir tout perdu, le fils revient chez son père, rongé par la honte et le remords. Pourtant, son père l’accueille à bras ouverts, lui fait des cadeaux et organise une fête pour son retour. Du coup, l’autre fils qui s’était toujours montré travailleur et obéissant est dégoûté. Et là, on pense aux Etats-Unis, le « pays lointain » de DSK, à la fortune qu’il a dépensée et à ses déboires judiciaires. Et comme le fils prodigue, les médias lui font la fête, impatients d’entendre sa première déclaration comme s’il s’agissait de la parole du Christ.
Quelle est la morale de l’histoire ? À l’origine, la parabole parle de miséricorde, ou de pardon : savoir accueillir la brebis égarée qui rentre au bercail et se repend. Mais on pourrait penser qu’il n’y a pas de morale et aucune justice, puisque le fils ingrat est plus récompensé que l’autre. Alors, « éclatez-vous ! » Comme dirait Jésus. Tandis que la plupart des responsables politiques font tout pour montrer qu’ils s’intéressent aux problèmes des français, on ne parle que de l’irresponsable DSK qui s’éclate aux States.
Cela dit, on peut y voir la dissolution de la politique dans la société du spectacle, lorsque l’image importe plus que les idées. Les responsables politiques jouent aux peoples dans les émissions de divertissement. Faire de la politique ne consiste pas à agir pour le bien commun ou même à en parler, mais simplement, à raconter des histoires pour créer un personnage. On vote pour ses gouvernants comme on vote pour des candidats de télé-réalité – « qui restera dans la maison des secrets cette semaine ? » On ne distingue plus vraiment les personnes politiques des héros de séries TV. A ce jeu là, DSK n’est pas mauvais : depuis des mois, on l’a vu vivre dans une série américaine et aujourd’hui, on attend les prochains épisodes. On voudrait nous dire que c’est une affaire privée qui ne regarde pas la politique. Le problème, c’est qu’on mélange les deux depuis bien longtemps. Alors, « qui restera à l’Elysée cette année ? »
Les chroniques philo sur le Mouv', du lundi au vendredi à 7h38, dans le 7-9 d'Amaëlle Guiton.
lundi 15 août 2011
Garantie soleil: et pourquoi pas une assurance pour quand on a raté sa vie, pendant qu'on y est ?

Pourquoi pas une assurance pour quand on a raté sa vie, aussi ? Genre : « garantie belle vie, l’assurance d’une vie réussie ».
Alors, vous me direz : qu’est-ce que réussir sa vie ? Ça dépend des goûts. Mais le temps aussi, ça dépend des goûts : si y a eu un nuage, un moment, ça compte ? Et puis, la pluie, c’est le beau temps des agriculteurs qui doivent sans doute avoir contracté des assurances contre la sécheresse ou « garantie pluie ». Certains supposent même que la baisse du nombre de tués sur les routes en juillet 2011 est due à la pluie qui renforce la vigilance des conducteurs. Donc, en un sens, la pluie est elle-même l’assurance vie des automobilistes.
Surtout, on s’étonne sur cette tendance à vouloir s’assurer de tout. À la limite, on peut assurer les gens contre des catastrophes naturelles. Quand la satisfaction des besoins les plus élémentaires est en jeu : perdre sa maison, ses moyens de subsistance, etc. Quand c’est une question de vie ou de mort, quoi ! Mais s’assurer contre le mauvais temps ou les « caprices du Ciel » ? C’est un caprice de touriste. D’abord, au même moment, des millions de personnes sont
menacées par la famine en Afrique. Et nous, on contracte des assurances contre le « mauvais temps » ? Mauvais, parce qu’on ne va pas pouvoir aller à la plage et qu’on va s’ennuyer. Voilà : on veut une assurance contre l’ennui.
Cette assurance « beau temps », c’est le signe de notre volonté et de notre incapacité à tout maîtriser. Il y a bien longtemps que les hommes tentent de comprendre et de maîtriser les phénomènes de la nature. Par des forces divines, d’abord, qu’on croit pouvoir influencer par des prières, des offrandes, voire, des sacrifices. Depuis Descartes et les progrès de la science, les hommes ont tendance à se croire « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Ils croient d’abord que l’ensemble de la nature est à leur service : la montagne pour faire du ski, la mer pour le bateau et les œufs de poule pour les gâteaux. Ensuite, comme ils pensent effectivement que la nature a été faite pour eux – par un Dieu ? – ils ne comprennent pas et n’admettent pas qu’elle peut leur nuire ou plutôt, que le cours naturel des choses peut se développer sans en avoir rien à carrer de ce qu’en pensent les hommes. Malgré Copernic et Darwin, on voudrait rester le centre du monde et on ne supporte plus le naturel de la nature. Le temps, le climat et toutes autres choses nous dépassent. On ne veut pas le croire et on « s’assurent » contre le mauvais temps. C’est la nouvelle religion : il n’y a plus de Dieu qui produit les phénomènes naturels. Mais comme la plupart des gens sentent bien que ça les dépasse, ils voudraient quand même, comme toujours, trouver un responsable. Les compagnies d’assurance sont une sorte de nouvelle église : « nous vous garantissons des vacances réussies », un peu comme on peut promettre le paradis à ses fidèles. Bref, malgré les progrès des sciences et des techniques, les mentalités n’ont pas changé.






