Dabiste n. m. réassortisseur de talbins
Depuis quelques semaines le dabiste a fait son apparition dans le vocabulaire journalistique. Pas une semaine sans entendre parler d'un dabiste. Mais c'est quoi, au juste, un dabiste ? c'est même pas dans le dictionnaire... Dans le Dictionnaire des mots qu'existent, certes pas, mais dans le Dictionnaire des mots qu'existent pas (et qu'on utilise quand même) bien, et ce à compter d'aujourd'hui !
A l'évocation du mot dabiste sorti de son contexte on ne peut que se perdre en conjectures sur sa signification. Son étymologie semble de fait fort obscure. La première hypothèse serait que le mot dabiste puisse être formé à partir du dabe, le père, et affublé sur le modèle de maoïste ou janséniste du suffixe -iste qui désigne celui qui en suit la doctrine. Comme le janséniste suit les préceptes de Jansenius et le maoïste ceux de Mao, le dabiste suivrait donc la doctrine de son père, et ne serait donc en langage courant rien d'autre qu'un fils obéissant. Cela est peu probable, de nos jours les fils n'obéissent plus et il serait bien étrange d'inventer maintenant un mot pour ça. Non, ce doit être autre chose. Le Dabe étant le surnom du personnage de Jean Gabin dans Le cave se rebiffe, un dabiste serait-il donc celui qui ferait sienne la philosophie selon laquelle "dans la vie, ne pas reconnaitre son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres" ? Voilà qui est séduisant, et c'est là tout bien considéré une façon qui en vaut d'autres d'aborder la vie. Mais fonde-t-on une philosophie sur un personnage de film, fût-il dialogué par Audiard ? Vraisemblablement pas.
La réponse est peut-être à chercher chez Heidegger (ce qui n'est pas une sinécure étant donné que personne n'a jamais pigé un broc à ce qu'il pouvait bien raconter) chez qui le Dasein, en quelque sorte, en tant qu'être constitué par sa temporalité, éclaire et interprète le sens de l'être dans le temps. Plus ou moins, en gros. Or, quiconque pouvant se targuer d'être ne serait-ce qu'un tantinet germanophone se rendant bien compte que le mot Dasein a été formé sur Da (là) et sein (être), et sein se conjuguant à la deuxième personne du singulier en bist, on peut imaginer que le dabiste soit un Heideggerien reconnaissant systématiquement l'étant-là de l'autre dans sa temporalité, ou un truc dans le genre. Même si on ne comprend pas hyper bien à quoi ça correspondrait.
La solution est en fait plus simple. Le dabiste est celui qui recharge en billets de banques les distributeurs automatiques de billets, ou DAB. Voilà. Un mot bêtement formé sur un acronyme vulgaire, avec un suffixe choisi au hasard (pourquoi pas dabeur ou dabier, par exemple ?). Comme érémiste. C'est triste à en pleurer. Un réassortisseur de talbins, quoi, aurait sans doute dit Le Dabe...
Depuis quelques semaines le dabiste a fait son apparition dans le vocabulaire journalistique. Pas une semaine sans entendre parler d'un dabiste. Mais c'est quoi, au juste, un dabiste ? c'est même pas dans le dictionnaire... Dans le Dictionnaire des mots qu'existent, certes pas, mais dans le Dictionnaire des mots qu'existent pas (et qu'on utilise quand même) bien, et ce à compter d'aujourd'hui !
A l'évocation du mot dabiste sorti de son contexte on ne peut que se perdre en conjectures sur sa signification. Son étymologie semble de fait fort obscure. La première hypothèse serait que le mot dabiste puisse être formé à partir du dabe, le père, et affublé sur le modèle de maoïste ou janséniste du suffixe -iste qui désigne celui qui en suit la doctrine. Comme le janséniste suit les préceptes de Jansenius et le maoïste ceux de Mao, le dabiste suivrait donc la doctrine de son père, et ne serait donc en langage courant rien d'autre qu'un fils obéissant. Cela est peu probable, de nos jours les fils n'obéissent plus et il serait bien étrange d'inventer maintenant un mot pour ça. Non, ce doit être autre chose. Le Dabe étant le surnom du personnage de Jean Gabin dans Le cave se rebiffe, un dabiste serait-il donc celui qui ferait sienne la philosophie selon laquelle "dans la vie, ne pas reconnaitre son talent, c'est faciliter la réussite des médiocres" ? Voilà qui est séduisant, et c'est là tout bien considéré une façon qui en vaut d'autres d'aborder la vie. Mais fonde-t-on une philosophie sur un personnage de film, fût-il dialogué par Audiard ? Vraisemblablement pas.
La réponse est peut-être à chercher chez Heidegger (ce qui n'est pas une sinécure étant donné que personne n'a jamais pigé un broc à ce qu'il pouvait bien raconter) chez qui le Dasein, en quelque sorte, en tant qu'être constitué par sa temporalité, éclaire et interprète le sens de l'être dans le temps. Plus ou moins, en gros. Or, quiconque pouvant se targuer d'être ne serait-ce qu'un tantinet germanophone se rendant bien compte que le mot Dasein a été formé sur Da (là) et sein (être), et sein se conjuguant à la deuxième personne du singulier en bist, on peut imaginer que le dabiste soit un Heideggerien reconnaissant systématiquement l'étant-là de l'autre dans sa temporalité, ou un truc dans le genre. Même si on ne comprend pas hyper bien à quoi ça correspondrait.
La solution est en fait plus simple. Le dabiste est celui qui recharge en billets de banques les distributeurs automatiques de billets, ou DAB. Voilà. Un mot bêtement formé sur un acronyme vulgaire, avec un suffixe choisi au hasard (pourquoi pas dabeur ou dabier, par exemple ?). Comme érémiste. C'est triste à en pleurer. Un réassortisseur de talbins, quoi, aurait sans doute dit Le Dabe...
L'emploi de mots qui n'existent pas peut effectivement heurter la sensibilté de notre oreille. Dans les choses qui me dérangent, à l'écrit comme à l'oral, il y a le manque de respect des règles de grammaire. Combien de fois peut-on lire ou entendre des formes négatives amputées de leur "ne". Ainsi, ne devrait-on pas dire -Ce n'est même pas dans le dictionnaire- au lieu de -C'est même pas dans le dictionnaire-? La seconde forme est pour moi audible mais non entendable! A bon entendeur ...
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